24/01/2017

60 % de trafic supplémentaire, hausse du bruit de 125 %, augmentation des émissions de polluants de 49 % sur les quais hauts, engorgement des autres axes de circulation, mois après mois, la situation empire après la décision de fermer les voies sur berges. Tous les indicateurs sont au rouge !

Après la fermeture de la voie Georges Pompidou en septembre dernier, le Comité régional d'évaluation de la fermeture des voies sur berges parisiennes a publié un nouveau rapport sur le premier bilan des quatre mois d’expérimentation. N’en déplaise à la mairie de Paris, les rapports se suivent et dénoncent une situation catastrophique. 

Après quatre mois de fermeture de la voie Georges Pompidou, force est de constater que l’évaporation du trafic annoncée par les élus parisiens n’a pas lieu. Les axes à proximité des voies sur berges ont connu une hausse de trafic considérable, jusqu’au 60 % de hausse sur les quais hauts. Les temps de parcours aux heures de pointe ont augmenté de 92 % le soir sur ces mêmes quais hauts, et de 87 % sur le boulevard Saint-Germain. Soit 11 et 9 minutes supplémentaires sur les quelques kilomètres du trajet quotidien des conducteurs.

Au-delà du périphérique, plusieurs axes permettant d’accéder à Paris ont vu leur trafic augmenter et les temps de parcours s’aggraver. Entre novembre 2015 et novembre 2016, le temps de parcours sur l’A86 extérieure à hauteur de Vélizy a augmenté de 17 % le matin et de 12 % le soir. Pendant la même période, sur l’A4, le soir aux heures de pointe, le trajet est plus long (+ 8,6 % en direction de Paris et + 4,8 % en sortant de Paris). La RD1 (voie sur berge), au niveau de l’Île Séguin et en direction de Paris connaît également des augmentations de trafic depuis septembre.

Outre la hausse du trafic et le temps supplémentaire passé chaque jour derrière son volant, les conducteurs subissent également une hausse de la pollution. Il faut rappeler que la fermeture des voies sur berges devait permettre, selon les élus anti-voitures d’améliorer la qualité de l’air à Paris. Il n’en est rien. Si l’on excepte les pics de pollution du mois de décembre, les chiffres fournis par l’Institut d’aménagement urbain (IAU) et Airparif montrent clairement une détérioration de la qualité de l’air sur les quatre derniers mois de 2016. Les quais hauts ont connu une augmentation de 53 % des émissions d’oxyde d’azote et une hausse de 49 % de pollution par particules. Le boulevard Saint-Germain a connu des hausses respectives de 18 et 15 %.

Les 13 stations d’Airparif situées à Paris et dans la petite couronne ont également connu, ces derniers mois des hausses de concentration en dioxyde d’azote. Par ailleurs, une campagne de mesures sur 80 points dans la capitale et la proche banlieue s’est déroulée entre le 15 novembre et le 14 décembre 2016. Au vu des premières analyses fournies depuis septembre, il y a fort à parier que les résultats qui seront publiés fin mars 2017 ne seront pas bons.

Enfin, selon Bruitparif, l’augmentation de l’énergie sonore sur les quais hauts est de 125 % la nuit, soit un doublement du volume sonore. Le boulevard Saint-Germain connaît également une forte augmentation. La pollution sonore y est en hausse de 25 % la nuit.

Si la mairie de la capitale continue de nier l’évidence malgré des chiffres catastrophiques, le préfet de Police de Paris, qui a décidé de l’expérimentation de la fermeture des voies sur berges et qui est responsable de la circulation sur l’ensemble de la région parisienne, devra donner un avis non conforme à ce projet. La Ligue de Défense des Conducteurs et les usagers de la route qui subissent cette mesure, ne manqueront pas de lui rappeler l’impact négatif et les difficultés engendrées quotidiennement par cette fermeture.