06/04/2017

La voiture autonome n’est pas encore prête pour remplacer un conducteur avisé et responsable, elle s’appuie même sur lui pour éviter les accidents et les situations où elle est incapable de réagir. Sur les 43 véhicules autonomes de la société Uber actuellement en circulation en Californie, en Pennsylvanie et dans l’Arizona, le constat est le même : elles ne peuvent parcourir plus de 2 kilomètres sans que le conducteur ne doive reprendre la main. 

Difficultés d’adaptation, nécessaires interventions humaines pour reprendre le volant : les véhicules autonomes d’Uber sont encore loin de pouvoir rouler en pleine autonomie. En janvier et février, les véhicules autonomes d’Uber n'ont parcouru en moyenne respectivement que 1,4 et 1,6 km entre chaque reprise en main par un chauffeur. Et début mars, cette moyenne a encore diminué pour atteindre 0,8 km entre chaque intervention humaine.

Fin mars 2017 à Tempe, dans l’Arizona, un véhicule autonome d’Uber a été percuté par une voiture qui lui a refusé la priorité. Ce dernier accident démontre que, même si le véhicule autonome n’est pas directement responsable, il n’a pas pu anticiper qu’en arrivant à une intersection une voiture allait lui couper la priorité.

De même, les conditions météo et une mauvaise lecture de la signalisation peuvent mettre en difficulté les véhicules autonomes. Par exemple, en décembre 2016, pour son premier jour d’essai à San Francisco, la voiture autonome d’Uber a grillé un feu rouge. En outre, la voiture autonome de Ford testée dans des conditions extrêmes est en difficulté dès qu’il neige car les caméras et les capteurs sont aveuglés. Pareillement, si la pluie est trop importante et la visibilité mauvaise, la Google car s’arrête en attendant une amélioration. Sans conducteur pour reprendre le volant, les passagers peuvent donc rester bloqués des heures.

En outre, le conducteur humain doit reprendre le contrôle des véhicules autonomes d’Uber lors de virages mal négociés et lorsque, face à des marquages au sol peu visibles ou effacés, le véhicule n’est plus capable de se repérer tout seul. De plus, la société américaine a reconnu que ses véhicules peuvent traverser des pistes cyclables s’en même s’en rendre compte !

En 2015, une étude de l’Université du Michigan menée sur des voitures autonomes révélait déjà qu’elles avaient eu deux fois plus d'accidents que les véhicules conventionnels pour le même nombre de kilomètres parcourus.

Par ailleurs, de nombreuses critiques concernent directement la conduite des véhicules autonomes, notamment pour le confort des passagers. En effet, des coups de volants brusques et des coups de freins brutaux poussent les conducteurs à reprendre la main tous les 3,5 kilomètres.

Enfin, malgré de nombreux progrès, les limites de l’intelligence artificielle face à un conducteur responsable sont patentes. Quelle responsabilité sera engagée en cas d’accident, celle de la personne à bord, celle du constructeur ou du fournisseur de la technologie embarquée ? Quel choix fera le véhicule s’il ne compte qu’un passager et qu’une collision est imminente face à dix piétons qui traversent ? Les usagers de la route qui utilisent ces véhicules verront ils toutes leurs données récupérées et utilisées ?

Preuve de la confiance toute relative des conducteurs envers les voitures autonomes, la moitié des Français interrogés (Observatoire des mobilités émergentes, enquête réalisée en septembre 2016 par l'ObSoCo & Chronos), est déterminée à « ne jamais utiliser de véhicule autonome ». De plus, parmi les personnes interrogées et opposées au développement des voitures autonomes, 41 % des usagers craignent même un dysfonctionnement et un risque de détournement ou de piratage des véhicules.