29/12/2015

La limitation de vitesse à 30 km/h se développe dans un nombre croissant de villes. Avec, pour conséquence, un abaissement radical du seuil de déclenchement des sanctions pour excès de vitesse. Y compris à partir de 20 km/h, dans les « zones de rencontre » ! Pas de doute : le nombre de PV va exploser !

De plus en plus de villes choisissent d’abaisser leur vitesse réglementaire à 30 km/h. Par exemple, au premier janvier 2016, une quarantaine de villes de l’agglomération de Grenoble vont imposer la vitesse maximale de 30 km/h à plus de 400 000 habitants.

Or, selon l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), dans une ville limitée à 50 km/h, la vitesse moyenne d’une voiture un jour de semaine est de 30 km/h, voire 15 km/h en cas de bouchons. Dès lors, si l’objectif est déjà atteint, pourquoi instaure-t-on cette réduction de 20 km/h de la vitesse réglementaire en agglomération ?

Il y a une raison évidente à cette limite ridicule de 30 km/h : c’est l’occasion d’établir des contraventions à la chaîne. Rouler entre 30 et 49 km/h, et ce même dans une voie dégagée et déserte, vous vaudra désormais 135 euros d'amende et un point en moins sur le permis de conduire. Et une "pointe" à 50 km/h vous vaudra même 135 euros d’amende et un retrait de deux points.

Sans compter qu'une « ville 30 » comporte aussi des « zones de rencontre » dans lesquelles le piéton est prioritaire et la vitesse maximale est de 20 km/h. Les conducteurs y risquent donc des sanctions à partir de 20 km/h !

S'il est parfaitement légitime que le conducteur adopte une vitesse réduite lorsque les circonstances l'exigent (aux abords d'une école, dans une rue commerçante très animée…), maintenir une vitesse de 30 km/h sur toute la traversée d’une agglomération est non seulement stupide et injustifié, mais c'est aussi un défi pour le conducteur comme pour le moteur.

En passant de 50 km/h à 30 ou 20 km/h, les vitesses autorisées vont ainsi diminuer de 20 à 30 km/h d’un coup. Par comparaison, sur le périphérique parisien où l’on a réduit la vitesse de 10 km/h, trois mois après le passage de 80 à 70 km/h, le nombre de flashs de radars avait augmenté de 20 %. Rappelons que 2/3 des radars qui flashent le plus sont situés sur des axes où la vitesse a été abaissée.

De surcroît, il est fort probable que, pour les zones 30, les radars se déclencheront surtout la nuit, quand le danger pour lequel une zone 30 a été installée est quasi inexistant. Sur ce point, la Belgique a une approche plus pragmatique : Bruxelles va ainsi expérimenter des « zones 30 intelligentes ». Ces zones concerneront les abords des écoles. La limitation de vitesse à 30 km/h, signalée par un panneau lumineux, n'y sera effective qu’aux heures d’entrée et de sortie des classes. L’attention des automobilistes sera donc plus vive dans les lieux et les moments où leur inattention risquerait de causer un accident de piéton.

Pour ce qui est de la France, le seul effet garanti du passage à 30 km/h sera bien évidemment une augmentation du nombre d’amendes et de retraits de points. De nombreuses municipalités fabriquent ainsi des excès de vitesse artificiels qui alimentent une nouvelle usine à PV.