09/02/2016

D’après une étude de l’Université du Michigan, les premiers tests menés sur des voitures autonomes révèlent qu’elles ont deux fois plus d'accidents que les véhicules conventionnels. Malgré le développement des voitures autonomes, de nombreuses limites subsistent à l’intelligence artificielle. La voiture avec conducteur a encore de beaux jours devant elle.

© CC Michael Shick

L’étude de l’Université du Michigan révèle, d’après les premiers tests effectués en Californie et dans le Nevada sur les voitures autonomes, principalement des Google Cars, que ces véhicules ont été impliqués dans 11 accidents, ce qui équivaut à 9,1 accrochages par million de miles conduit, soit deux fois plus qu’une voiture conventionnelle pour le même nombre de miles parcourus ! Le nombre de blessures légères par accident est également plus élevé que pour une conduite classique :0,36 contre 0,25 blessures pour un million de miles parcourus.

L’intelligence artificielle démunie face aux situations imprévisibles

Il est notamment reproché aux voitures-robots leur trop grande lenteur. Un policier californien a ainsi immobilisé un de ces véhicules considérant qu’il « constituait une nuisance à la sécurité ». Trop lent mais également en grande difficulté pour s’adapter au comportement imprévisible d’un piéton, d’un autre usager de la route ou à la chute d’un objet. Pourra-t-on intégrer dans les paramètres d’un véhicule les réflexes que peut avoir un humain ? Une machine ne remplacera jamais un conducteur attentif et concentré sur sa route !

D’après un rapport publié en décembre 2015 par le Department of Motor Vehicles de Californie, les conducteurs/passagers de voitures autonomes doivent encore régulièrement intervenir. Ces derniers ont ainsi dû reprendre le contrôle à 341 reprises à cause d’un problème technique ou parce qu’ils l’ont estimé nécessaire (69 cas). On peut ainsi recenser la non-reconnaissance de véhicules de secours portant un gyrophare, des problèmes liés à une absence de marquage au sol, ou encore, la non-reconnaissance d'un panneau « stop » en raison d'un soleil rasant. Dans 13 situations, il y aurait même eu une collision sans la reprise en main du véhicule par le conducteur !

De plus, il apparaît au regard de l’étude de l’université du Michigan que les voitures autonomes surprennent les autres conducteurs car elles freinent de façon immédiate et trop brutale. Si un piéton apparaît à l’horizon, la voiture pile. Un conducteur avisé ralentirait à l’approche du passage piéton, le temps de laisser le passant traverser, puis reprendrait de la vitesse sans être obligé de s’immobiliser.  

Des voitures en difficulté pour s’adapter au trafic 

Le New York Times révèle également les difficultés des voitures autonomes dans un environnement dense. En effet, par exemple, à un carrefour avec plusieurs voies, le véhicule va attendre que toutes les autres voitures soient immobilisées pour passer. Les conducteurs humains ont l’habitude de s’avancer légèrement en attendant une occasion de passer ou le signe positif d’un autre conducteur pour s’élancer. La voiture autonome, elle, va bloquer le carrefour créant ainsi un bouchon.

Enfin, les failles de sécurité des voitures autonomes peuvent facilement permettre à un individu mal intentionné et muni d’un ordinateur de pirater le véhicule et d’en prendre possession.

Si certaines innovations de la voiture autonome pourraient être utilisées pour améliorer la sécurité des véhicules conventionnels, la technologie ne doit en rien, sous prétexte de sécurité routière, contrôler ni surveiller le conducteur. La plus aboutie des voitures-robots ne remplacera jamais un conducteur avisé et responsable !