07/02/2019

Avec l’idée de lutter contre la pollution, de plus en plus de villes s’orientent vers des politiques de restriction de la circulation. Synonyme de mesures punitives, ces interdictions de circuler privent les personnes de leur moyen de déplacement, alors qu’il existe des alternatives technologiques qui permettent de réduire efficacement la pollution des véhicules…

Désormais, pour réduire la pollution de manière générale, le projet de Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) incite, toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants, à créer des Zones à Faibles Emissions (ZFE) qui concerneront les émissions de polluants des véhicules. Ces zones, pouvant regrouper plusieurs dizaines de communes (la ZFE du Grand Paris en compte 79, par exemple) interdisent leur accès aux véhicules les plus anciens, et à ceux qui possèdent un certificat Crit’Air dont le numéro ne permet plus de circuler : la vignette Crit’Air 5 est ainsi interdite à Paris depuis le 1er juillet 2017, par exemple. À la place de mesures incitatives, comme le développement du réseau de transports pour désenclaver les territoires ruraux, ce qui était pourtant l’objectif de la loi d’orientation des mobilités1, les agglomérations se tournent de plus en plus vers des politiques d’écologie punitive en restreignant, puis interdisant l’accès des villes, aux véhicules les plus anciens.

C’est d’autant plus navrant que ce phénomène aura comme conséquence de « fortifier » les grandes villes, et ainsi de les fermer aux habitants issus des territoires ruraux et aux foyers modestes. Les premiers, vivant en territoire rural, n’ont pas de raison logique de troquer leur véhicule actuel en bon état de marche contre un véhicule neuf alors qu’ils ne sont pas soumis aux restrictions de circulation au quotidien mais seulement quelques fois dans l’année, lorsqu’ils veulent se rendre dans les grandes agglomérations pour consulter leur médecin spécialiste, par exemple. Pour les seconds, même s’ils sont concernés quotidiennement par ces restrictions de circulation, le prix extrêmement onéreux des véhicules électriques et les aides gouvernementales dérisoires, sont un frein au changement de véhicule pour continuer de profiter de leur liberté de circuler. Dans ces cas l’accès aux villes est rendu compliqué, voire impossible, par des mesures punitives, établies sous couvert d’écologie. Et le constat est simple : la place de la voiture dans la ville est menacée par une caste d’ultra-urbains qui se déplacent en transports en commun ou via des véhicules avec chauffeur…

La voie de l'écologie punitive se traduit par de nouvelles mesures discriminantes et contraignantes pour les conducteurs. L’entêtement de certaines villes à entraver la circulation au nom de la lutte contre la pollution est d’autant plus triste que d’autres moyens existent pour protéger l’environnement. Par exemple, des solutions innovantes et non dogmatiques existent pour diminuer les émissions de polluants des véhicules. Tour d’horizon.

 

Des solutions techniques innovantes permettent de réduire les émissions de polluants

Effectivement des technologies déjà commercialisées, ou en voie de l’être, permettent de réduire la pollution issue des véhicules.

Les véhicules polluent à travers plusieurs composantes :

  • Composante énergétique

Cette pollution est produite par l’apport énergétique permettant au moteur de fonctionner et donc de faire tourner les roues, ce qui représente une grande partie des émissions polluantes d’un véhicule. Elle se décline sous différentes formes : l’émission de gaz nocifs pour l’environnement (émission de dioxyde de carbone, CO2, gaz à effet de serre), l’émission de gaz toxiques pour la santé (les oxydes d’azote NOx) et l’émission de particules fines en suspension, nocives pour la santé humaine (PM 10 et PM 2,5).

  • Composante mécanique

Il s’agit essentiellement de l’émission de particules nocives issues du freinage et de l’usure conjointe des pneus et de la route. Aujourd’hui, l’émission de ces particules fines issues du freinage représentent 20% des particules émises par le trafic routier et sont 6 fois plus élevées que les émissions d’échappement par un pot catalytique. Cela représente, en Europe, près de 110 000 tonnes par an (parmi lesquelles 50 000 tonnes sont distillées dans l’air) et l’émission de 15 000 tonnes de PM10 en France2.

 

La pollution émise par la composante mécanique (freinage, usure des pneus et de la route), peut être réduite à l’aide de solutions technologiques innovantes comme le Tamic® ou le frein à induction électromagnétique :

Le Tamic®, produit par Tallano Technologie est une technologie, qui peut s’installer sur un véhicule et qui capte, par aspiration, les particules fines émises par le freinage. Les particules nocives pour l’organisme et l’environnement dues à l’abrasion des plaquettes de frein au contact des disques sont ainsi aspirées et filtrées.

Les seuils de pollution aux particules fines (PM10/PM2,5) sont régulièrement dépassés dans toutes les grandes agglomérations françaises, atteignant des proportions inquiétantes et dangereuses pour l’organisme humain et l’environnement. Un tel dispositif, qui capte plus de 90 % des particules émises lors du freinage, gagnerait à être installé sur chaque véhicule (s’adapte également aux transports ferroviaires) : cela favoriserait la lutte contre la pollution à l’échelle nationale et constituerait une mesure incitative à la protection de l’environnement, plutôt qu’une mesure punitive, restreignant la libre circulation des personnes.

Le frein à induction électromagnétique, où le mouvement entre un aimant et un métal non magnétique entraîne une force opposant le mouvement entre les deux objets provoquant un freinage sans contact. L’aimant, en s’approchant du métal (non magnétique) génère un courant de Foucault lorsque son champ magnétique entre en contact avec le métal non magnétique créant un effet de freinage. Ce système sans contact n’émet donc pas de particules fines issues d’un freinage avec contact et permettrait donc de réduire la pollution émise par cette source. Ce type de frein demande peu d’entretien, permet de freiner efficacement (sans aucun frottement) et permet de réduire l’usure des freins à disques, qui sont, de fait, moins sollicités. Ce système équipe la plupart des poids lourds.

 

En outre, de nouveaux équipements comme les systèmes ECOLOW® et Ecol’eau®, ou certaines techniques de dépollution (décalaminage par hydrogène) peuvent également agir sur le second type de pollution émise par le véhicule : la pollution issue de la composante énergétique.

Le système ECOLOW®, génère une fréquence électrique ainsi qu’un voltage très précis dans une bobine, créant un champ électromagnétique qui, en transmettant la fréquence électrique au carburant, permet d’agir sur la réorganisation moléculaire du carburant et ainsi rendre cette source d’énergie plus efficiente. Avec ce système, le moteur aura un meilleur rendement énergétique donc la consommation de carburant sera moindre et la pollution du véhicule impactée par la même occasion.

Le système Éco l’eau®, doublement médaillé du concours Léonard de VINCI, injecte de l’eau dans les moteurs thermiques pour diminuer la consommation en carburant du véhicule (20 % en moyenne), et  réduire la pollution.

Le dispositif récupère la chaleur de la ligne d’échappement pour transformer de l’eau en vapeur qui est injectée dans le moteur au niveau de l’admission d’air. Cela a pour but de refroidir le mélange air-carburant pour obtenir un meilleur rendement du moteur. La consommation en carburant et les émissions de CO2, de NOx et de particules fines sont diminuées avec ce système.

La conversion de son moteur au biocarburant (E85) (plus communément appelé bioéthanol ou super éthanol) est également une alternative incitative qui permet de réduire la pollution issue du trafic routier sans pour autant interdire la voiture. Ce carburant, composé de 65 à 85 % de biocarburant d’origine végétale et d’essence (entre 35 et 15 %), permet de réduire de 90 % les émissions de particules fines ou encore de 30 % celles d’oxyde d’azote par rapport à un véhicule roulant au Sans-plomb 95. Un simple boitier de conversion homologué, installé par l’un des trois fabricants homologués (Biomotors, FlexFuel ou ARMEngineering) sur le véhicule, et le prix du carburant à la pompe avoisinera les 69 centimes du litre. En revanche, pour le moment, une conversion pour ce type de carburant n’est possible que pour un véhicule roulant à l’essence.

Ces solutions, agissant sur le carburant, permettent de diminuer la consommation du véhicule en carburant et de baisser les émissions nocives de polluants.

Le décalaminage par hydrogène, quant à lui, permet de réduire les rejets d’hydrocarbures, de CO et de CO2, de respectivement, 60,42 %, 16,67 % et 20 %. La consommation du véhicule est immédiatement réduite de 10 % pour diminuer jusqu'à 20 % après 500 kilomètres. Le décalaminage par hydrogène consiste à éliminer la calamine (les résidus carbonés de la combustion) dans les différentes pièces du moteur (cylindres, pistons, filtre à particules, vanne EGR, …) en injectant dans l’admission d’air un mélange hydrogène-oxygène durant 30 minutes à 1 h 30, le moteur tournant au ralenti (facturé de 65 à 100 €/h). La calamine, responsable de l’encrassement du moteur, provoque une surconsommation du moteur, donc une pollution accrue. Outre l’amélioration des performances, la durée de vie du moteur, la consommation de carburant et la pollution seront donc impactées positivement.

 

Au vu de ces solutions techniques innovantes, pourquoi interdire l’accès de certaines zones urbaines (dont la qualité de l’air est définie comme néfaste pour la santé de la population), à de nombreux véhicules, en les discriminant uniquement sur les seuls critères de l’année de production de la voiture et du type d’énergie utilisé par l’apposition d’une vignette Crit’Air sur le pare-brise ? Il serait utile d’envisager des mesures incitatives pour lutter efficacement contre la pollution et garantir une santé publique maximale. Ces solutions techniques, permettant de réduire de façon significative la part de la pollution imputée aux véhicules, seraient une bonne alternative à la politique de restriction de la voiture en ville. Des aides financières dérisoires sont octroyées pour amener les particuliers à changer leur voiture pour un véhicule récent (même si leur véhicule actuel est en parfait état de marche) alors qu’elles ne servent pas à équiper le parc automobile déjà existant, en dispositifs qui rendraient ces véhicules moins polluants, dans une logique incitative.

Au lieu de pratiquer la politique de l’écologie punitive, en sanctionnant les propriétaires de véhicules « anciens », il serait plus judicieux d’inciter ces propriétaires à se tourner vers des alternatives technologiques capables de réduire les émissions de polluants de leur véhicule. La Ligue de Défense des Conducteurs croit fermement que d’autres leviers existent pour protéger l’environnement. C’est pourquoi elle s’est attachée à lister et décortiquer ces alternatives technologiques permettant de réduire les émissions de polluants des véhicules actuels.

Souhaitons que les politiques publiques en matière de circulation puisent dans l’innovation technique, des solutions utiles à tous plutôt que de faciles dispositifs punitifs.

 

1 Exposé des motifs de la LOM, pages 5-37.

2 INSA Lyon, 2011.