15/02/2018

Leur nom officiel est « stages de sensibilisation à la sécurité routière ». Cependant, comme plus de 300 000 personnes suivent ces stages chaque année pour récupérer quatre points de permis de conduire, leur nom d'usage est devenu « stages de récupération de points ». Une appellation qui met à distance ce qui devrait être la priorité de ces deux jours de formation : la sécurité routière.

Surtout, le contenu du stage ne répond pas aux attentes des conducteurs : ces derniers souhaitent que le temps et l’argent qu’ils affectent, souvent par obligation, à un stage soit mieux utilisé qu’à être désignés comme de potentiels coupables de tous les malheurs de la route : ils veulent acquérir, au cours du stage, des compétences pratiques pour améliorer leur conduite.

Cet avis des conducteurs sur les stages de récupération de points est détaillé dans une enquête de la Ligue de Défense des Conducteurs. Intitulée « Stages de récupération de points : une leçon de morale à péage supplémentaire », pas moins de 36 746 usagers y ont répondu ! En complément, cette étude comporte aussi des témoignages édifiants qui permettent de se faire une idée du piètre contenu actuel des stages et, partant, de la façon de les améliorer.

On peut en retenir notamment les éléments suivants : 92 % des stagiaires qui ont répondu à cette enquête affirment n’avoir jamais été responsables d’un accident ayant entraîné des dégâts corporels. Deux tiers des stagiaires sont de gros rouleurs qui sont obligés, pour sauver leurs points et donc leur emploi, de passer par la case stage. Et, dans la même proportion, ils estiment que leur comportement sur la route n’a pas évolué après le stage.

Les conducteurs indiquent aussi les pistes auxquelles ils souscrivent pour réformer le contenu des stages : 39 % de ceux qui ont suivi ces stages souhaitent que ces derniers proposent un apprentissage de la conduite sur piste sécurisée afin d’apprendre à éviter un accident. En outre, 36 % souhaiteraient bénéficier d’une formation aux gestes d’urgence en cas d’accident. Enfin, 18 % expriment le désir d’être mieux formés à l’éco-conduite. La Ligue de Défense des Conducteurs propose donc que, sur la base du volontariat, les stagiaires puissent consacrer une des deux journées de la session à un apprentissage pratique.

Pour accéder à l’enquête, cliquez ici

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