28/10/2019

Au moment où le gouvernement prévoit d'investir encore 190 millions d’euros dans les radars en 2020, au détriment de l'investissement dans le réseau routier, la France multiplie les mauvaises notes sur l’entretien de ses routes. Qu’il s’agisse de rapports officiels d’organismes internationaux ou de la perception des conducteurs sur le terrain, les conclusions sont les mêmes : l’état des routes se dégrade et il est urgent d’y remédier, tant pour la sécurité de chacun que pour la santé économique du pays. Mais visiblement, là n'est pas la priorité pour le gouvernement...

 Le classement du World economic forum a jeté un pavé dans la mare : en une seule année, la France y a perdu 11 places, en ce qui concerne la qualité de son infrastructure routière, comme l’indique le graphique ci-dessus. Notre pays occupe ainsi le 18ème rang de ce classement mondial en 2019, alors qu’il y figurait au 7ème rang en 2018, et même au 1er rang en 2012 (The Global Competitiveness report 2019, p. 223). Bref, la France n’en finit pas de tomber.

37 % d'investissement en moins par km en France qu'au Royaume-Uni

 Cette situation est le résultat d’années de sous-investissement dans l’entretien des équipements routiers. Un exemple parmi d’autres : là où la France dépense annuellement environ 50 000 euros par kilomètre dans son réseau routier, le Royaume-Uni y consacre 80 000 euros (1). Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que notre pays s’effondre dans les classements internationaux.

 Les conducteurs sont bien placés pour s’apercevoir de ce problème et de son aggravation : ils ne sont que 44 % en France à exprimer de la satisfaction pour l’état de leurs routes locales en 2018, contre 60 % en 2016 (2). Même les réseaux les mieux entretenus, à savoir les autoroutes et les routes nationales, satisfont moins de deux tiers des gens (63 %)… Navrant !

 La situation est donc critique, pour la sécurité de tous sur la route évidemment, mais elle perturbe aussi la capacité de circuler sereinement, la croissance économique et l’aménagement du territoire. En conséquence, la Ligue de Défense des Conducteurs, qui martèle régulièrement la nécessité d’entretenir davantage les routes, appelle à un sursaut en matière d’investissement dans ce réseau vital de transport. Et l’association, de son côté, n'a pas attendu pour œuvrer au quotidien à l’amélioration du réseau routier : depuis maintenant 6 ans, grâce à son site Internet et son application « Activ’Route », les conducteurs signalent les emplacements dangereux qu'ils constatent sur leur route, et l’association transmet ces signalements aux autorités en charge de l’entretien des routes, afin qu’ils soient aménagés.

(1) Bureaux d’études Nibuxs et IMDM, Réseau routier national non concédé : résultats d’audits, Dicom, Citizen Press, Ministère de la transition écologique et solidaire, juin 2018, p. 5.

(2) Global Infrastructure Investor Association et Ipsos MORI Social Research Institute, Global Infrastructure Index, Public satisfaction and priorities – 2018, Global, mai 2019.