01/04/2014

 

Le réseau routier est l’élément essentiel du maillage territorial. Il compte plus d’un million de kilomètres. Aujourd’hui 87% des trajets s’effectuent sur les routes. Eléments essentiels de ce maillage, les infrastructures routières rentrent inéluctablement en jeu lorsqu’il s’agit d’assurer la sécurité des usagers de la route. Pourtant, elles sont aujourd’hui délaissées par les pouvoirs publics.

 

Crédits : Miguel Tremblay

Chaque jour, le réseau routier français accueil des millions d’automobilistes. En 2011, la Sécurité routière estiment que 565 milliards de kilomètres ont été parcourus par les automobilistes. Ce chiffre impressionnant montre combien il est primordial que le réseau routier et autoroutier assure une sécurité maximale à l’ensemble de ceux qui l’utilisent.
Pourtant, les politiques publiques entretiennent de moins en moins bien les infrastructures routières. Pour preuve, le taux de renouvellement des couches de surface des routes, c’est-à-dire le renouvellement des couches de bitume usagées, est aujourd’hui de 4% alors qu’il faudrait qu’il soit au moins de 8% pour l’ensemble du réseau routier.

Il y a de quoi s’inquiéter ! En 2006, la synthèse des enquêtes REAGIR, enquêtes chargées de définir la cause des accidents de la route, situait à près de 50% la part des accidents mortels où les facteurs liés à l’infrastructure rentre en jeu (route-équipements-environnement…).

Face à cet abandon, la Ligue de Défense des Conducteurs n’est pas la seule à s’inquiéter. En effet, 26 élus du Val-de-Marne de tous bords confondus ont également tiré la sonnette d’alarme afin de demander au Gouvernement de reprendre en main la situation.

Selon un sondage SOFRES de 2012, 74% des maires déclarent qu’ils rencontreront des difficultés à maintenir le niveau de qualité des infrastructures existante. Alors que l’argent des radars rapporte toujours un peu plus et permet le financement de tout un système répressif : pv électronique, radars nouvelles générations… il est scandaleux de constater que le budget accordé aux collectivités pour entretenir les routes est quant à lui aussi faible. Il est passé de 424 millions d'euros en 2009 à 324 millions en 2012.

Paradoxalement à ce que la propagande anti-vitesse tente de nous faire croire sur le danger de router vite, c’est sur les autoroutes que les conducteurs peuvent rouler le plus vite et où la sécurité est la plus grande ! 143 décès ont été enregistrés sur les autoroutes au cours de l’année 2012. C’est un taux historiquement bas !

Face à cela, les routes départementales concentrent 66% du total des décès et les routes communales 18% alors que le taux de fréquentation est presque similaire ! Ces chiffres démontrent à quel point les infrastructures routières ont un rôle à jouer dans la sécurité routière.

Cela fait déjà des années que l’on sait qu’un accident peut être moins grave ou évité si un des facteurs, et notamment l’état des infrastructures, n’est pas présent dans les causes de l’accident. La Sétra écrit ainsi en 2006 « la cause d’un accident est en effet multifactorielle. Il suffit souvent qu’un seul des facteurs repérés dans l’analyse soit absent pour dire que l’accident aurait pu être moins grave, voire aurait pu être évité ». Alors pourquoi depuis 2009 les pouvoirs publics laissent-ils l’état des routes se détériorer et dans ces conditions, combien d’accidents auraient-ils pu être évités ?

Les conducteurs ne supportent plus d’être les victimes d’un système répressif, au nom d’une politique qui se moque bien de leur sécurité et s’intéresse bien plus à leur porte-monnaie.