11/05/2020

Fin avril, le Guide 2020 des taxes de l'ACEA* nous apprenait que la France avait perçu près de 84 milliards d'euros en recettes fiscales liées à la consommation automobile en 2018 (dernières données disponibles). Seule l'Allemagne a encaissé davantage. Mais ce pays compte 10 millions d'habitants en plus que le nôtre… La Ligue de Défense des Conducteurs vous invite à un tour d'Europe des taxes sur la voiture.

Premier constat dans notre hit-parade des taxes automobiles par pays : les Allemands participent davantage aux impôts à la consommation automobile, c'est-à-dire l'achat de voitures, le carburant, les péages… que nous, Français (lire notre article complet sur la contribution des automobilistes au budget de notre Etat ici : https://bit.ly/3d6xN4F). Au petit jeu de la comparaison des recettes fiscales automobiles par pays, on peut remarquer que l'Italie n'y va pas non plus de main morte, tandis que le Royaume-Uni, qui compte seulement 2 millions d'habitants de moins que la France, se "contente" de 54,1 milliards d'euros de prélèvements.

Deuxième constat : rapportée au nombre d'habitants, la somme de 93,4 milliards d'euros que les Allemands ont versée à leur Etat en 2018 (les chiffres 2019 ne sont pas encore disponibles dans de nombreux pays, y compris le nôtre), soit 9,5 milliards d'euros de plus que nous, ne représente "que" 1 125 € par personne, contre 1 251 € pour nous… Ces 126 euros de différence pèsent d'autant plus lourd que selon Eurostat, la direction de la Commission européenne chargée des statistiques, le niveau de revenus chez nos voisins d'outre-Rhin est supérieur de 10 % au nôtre, alors que les prix à la consommation en général, en France, sont supérieurs de 5,7 % à l'Allemagne. Un constat réalisé par Denis Ferrand, directeur général de l'institut d'études économiques Rexecode, dans une chronique publiée en décembre dans Les Echos**, où il souligne "l'écart majeur" de pouvoir d'achat entre nos deux pays. 

Cet écart est particulièrement notable si l'on observe la seule TVA appliquée à la vente de véhicules, à la réparation et aux pièces : en Allemagne, où elle n'est pourtant "que" de 19 % " (20 % en France), cette taxe rapporte plus de 31 milliards d'euros, contre 18,5 milliards chez nous. D'accord, ils sont 83 millions d'habitants et nous ne sommes que 67 millions (soit 24 % de moins), mais eux ont acheté, l'an dernier, 3,44 millions de voitures neuves et nous, 2,21 millions, soit 55 % de moins… Sans compter que lorsque les Allemands achètent une VW Golf, nous nous offrons une Renault Clio plus petite, donc vendue moins cher et rapportant moins de TVA.

Cela dit, avec 1 251 € annuels par personne, les Français devraient presque se sentir vernis par rapport aux Belges, "soulagés" de plus de 1 800 € par an ! Les Autrichiens et Finlandais consommateurs de produits automobiles contribuent eux aussi très largement aux recettes de leur contrée respective. En revanche, les pays où la mobilité en voiture coûte le moins cher, fiscalement parlant, sont la Suède, la Grèce et l'Espagne. Ces classements vous donnent-ils envie de déménager ?

 

*Association des constructeurs automobiles européens

**Denis Ferrand, "Pouvoir d'achat : la France peut faire beaucoup mieux", Les Echos, 2 décembre 2019.