30/01/2019

En réponse aux injonctions et pressions de la Commission européenne, le dispositif Crit’Air est créé en 2016 sous peine de lourdes sanctions de Bruxelles. Résultat ? L’instauration de l’écologie punitive, où les citoyens et usagers de la route n’ont plus qu’à s’acheter un droit à circuler pour accéder aux « villes-citadelles »…

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Le système Crit’Air, mis en place progressivement dès 2016 pour éviter les sanctions de Bruxelles, s’avère être un moyen certain de restreindre drastiquement la circulation à différentes catégories de véhicules, qui voient leur accès à certaines zones (Zones à Faibles Emissions, ZFE) dont l’air est défini comme pollué, carrément interdit. Or ces zones concernent des villes entières et même des aires urbaines complètes !

Ainsi, 6 vignettes de couleurs et chiffres différents apparaissent pour discriminer les véhicules selon plusieurs critères : l’ancienneté, la motorisation et la norme européenne d’émissions de polluants qu’ils respectent. Les véhicules datant d’avant 1997 sont exclus de ce dispositif. En conséquence, les voitures immatriculées avant le 1er janvier 1997, les deux roues avant le 31 mai 2000 et les utilitaires avant le 30 septembre 1997, ne peuvent pas prétendre à une vignette. Ils ne peuvent donc pas circuler dans les Zones à Faibles Emissions (ZFE), soit, bientôt toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants le désirant !

Les six vignettes se décomposent de la façon suivante :

vignettes Crit Air 012345 description

 

Le certificat qualité de l’air, désigné par la vignette Crit’Air, n’est pas obligatoire à l’échelle nationale. En revanche, il est « obligatoire pour circuler dans les zones à circulation restreinte (ZCR) instaurées par certaines collectivités ou pour circuler lorsque le préfet instaure la circulation différenciée lors de certains épisodes de pollution »1.

« Villes-fortifiées » et territoires ruraux enclavés

Ce système Crit’Air, en prônant l’interdiction de circuler pour les véhicules les plus anciens, prive également des populations de l’accès aux agglomérations concernées car il oblige les conducteurs à changer de véhicule pour un modèle respectant les normes décrites par ce système. Et ce, même si le conducteur ne se rend dans une ZCR que très rarement, sous peine d’un PV de 68 euros (minoré à 45 euros) pour « Conduite en infraction à mesure suspensive ou restriction liée à pollution atmosphérique ». Les personnes issues des territoires ruraux, qui n’habitent pas dans des zones concernées par ce dispositif (ils n’ont donc pas besoin de changer immédiatement de véhicule) mais qui ont la nécessité de se rendre dans une ville sous circulation restreinte que quelques fois dans l’année, se verront alors fortement impactées par ces mesures de restriction de la circulation. Il serait absurde d’attendre d’une personne résidant dans un territoire rural, qu'elle achète un véhicule très récent pour se rendre chez son médecin spécialisé, mensuellement alors que son véhicule actuel est en parfait état de fonctionnement.

Dans le même cas, pour un foyer modeste dont les ressources seraient insuffisantes pour changer de véhicule, malgré les quelques primes gouvernementales (souvent dérisoires au regard du prix d’une voiture récente, même d’occasion… et financées de toute façon par nos impôts), l’accès aux grandes villes serait grandement compliqué par ces restrictions de circulation strictes. En même temps, avec ces mesures plus restrictives qu’incitatives, il en est de même à propos des actifs qui n’ont pas un accès facile aux transports en commun et utilisent leur voiture pour se rendre au travail (7 français sur 10) : de fait, s’ils ne peuvent pas changer de véhicule, ils verront leur parcours et leur temps de trajet, considérablement se compliquer.

Ces mesures limitent grandement la place de la voiture au sein des villes et font le bonheur de certains élus prônant l’idéologie anti-voiture. Avec le calendrier des interdictions, ce dispositif va de plus en plus enclaver les territoires ruraux et ériger les villes en places fortes, fortifiées, coupées des banlieues et interdites aux gens qui n’ont, soit pas les moyens de changer de véhicule, soit pas la nécessité.

Pour lutter contre l’écologie punitive et cette doctrine anti-voiture, la Ligue de Défense des Conducteurs a compilé de nombreuses alternatives technologiques qui permettent aux véhicules pointés du doigt de réduire efficacement leurs émissions de polluants et pourquoi pas, même si cela paraît utopique, continuer à circuler librement.

1 Ministère de la transition écologique et solidaire

 

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