18/05/2018

Prévu par une directive européenne de 2011, le nouveau contrôle technique, qui entre en vigueur ce 20 mai, s’apparente à véritable parcours du combattant : généralisé à l’ensemble des véhicules, plus cher, plus strict, plus long. La réforme créant le nouveau contrôle technique prévoit aussi une nouvelle sanction pour le conducteur : l’immobilisation immédiate du véhicule pour défaillance critique. Décryptage d’un dispositif lourd, dont le bénéfice ira plus aux centres de contrôle qu’à la sécurité routière.

image contrle technique copyright

Le nouveau contrôle technique : un jackpot pour l’Etat et le lobby des centres de contrôle

Le contrôle technique, de 124 points de contrôle aujourd’hui, passe à 132 points et environ 45 minutes d’inspection en moyenne. Il sera ainsi plus dur, plus long et, donc, plus cher. À partir d’un prix actuel moyen de 65 euros, le montant du contrôle technique risque ainsi d’atteindre 80 euros. C’est grâce à un lobbying acharné que les centres de contrôles techniques vont bénéficier de cette réforme, au nom d’un objectif hypothétique et inatteignable « zéro décès dans les transports routiers d’ici à 2050 ». Les centres de contrôle ne sont néanmoins pas les seuls à bénéficier de cette manne. L’Etat, au travers de la TVA, a également un intérêt évident : 600 millions d’euros sont ainsi attendus par Bercy pour des dizaines de millions de voitures !

Un contrôle technique beaucoup plus sévère et contraignant

La réforme du contrôle technique prévoit que la moitié des défauts dits « mineurs » deviennent « majeurs ». Ces derniers passent ainsi de 196 à 340, constituant une source quasi-intarissable de contre-visites pour les centres de contrôle technique (deux tiers contre un tiers aujourd’hui). Prévoyant initialement deux niveaux de défaillance (la défaillance mineure et la défaillance majeure), la réforme du contrôle technique intègre également un nouveau degré de sanction : la défaillance critique. 127 motifs pour défaut critique sont alors créés et devront faire l’objet d’une réparation dans la journée, faute de quoi, la véhicule sera immobilisé avec une contre-visite ! En tout, il y aura donc 467 sources de contre-visite : un balai d’essuie-glace déchiré sur plus de 20% de sa longueur ou un bocal de lave-glace vide en font partie.

Au final, si chacun partage l’objectif d’amélioration de la sécurité des véhicules, les conséquences financières pour les conducteurs risquent d’être très contraignantes, voire de les priver de leur liberté de circuler. En effet, pour beaucoup d’entre eux, certaines réparations d’autant plus lorsqu’elles doivent être effectuées dans la journée, voire le remplacement du véhicule, restent un défi insurmontable !

Le conducteur se retrouve encore une fois piégé, faisant les frais d’un acharnement des pouvoirs publics et de lobbies des centres de contrôle technique. Plutôt que de réprimer sans cesse le conducteur, les pouvoirs publics devraient engager une réflexion sur les mesures d’accompagnement de cette réforme afin que les objectifs de sécurité routière soient atteints.

La Ligue de Défense des Conducteurs à travers sa charte du conducteur responsable propose une démarche dans ce sens alliant sécurité et respect du conducteur.