03/02/2020

En décembre dernier, nous avions contacté Nicolas Lacroix, Président du Conseil départemental de la Haute-Marne, tout comme ses collègues des autres départements de France, pour lui demander de se positionner sur le sujet du retour des routes dont il a la responsabilité à 90 km/h, au lieu du 80 km/h. Sa réponse, édifiante, vient de nous arriver.

En lisant la lettre de Nicolas Lacroix, vous allez découvrir le chemin parsemé d'embûches qui attend un Président de département dans ses démarches sur ce sujet précis, quand bien même celles-ci restent strictement dans le cadre de la loi. Malheureusement, les presque 4 000 km de routes concernées qui quadrillent la Haute-Marne ne retourneront pas à 90 km/h dans leur intégralité, loin s'en faut. C'est pourtant ce pour quoi la Ligue de Défense des Conducteurs milite depuis que le gouvernement d'Edouard Philippe a imposé sa limitation à 80 km/h sur tout le pays, en juillet 2018… Malgré tout, nous ne pouvons que saluer la détermination de Nicolas Lacroix, et encourageons tous les présidents de département à lui emboîter le pas.

"Dans le cadre de la loi mobilité qui a été promulguée le 24 décembre 2019, vous avez souhaité savoir quelle était la position du département de la Haute-Marne pour le retour à la vitesse à 90 km/h […].

Afin de resituer le contexte des routes qui desservent la Haute-Marne, je souhaite vous préciser que le conseil départemental gère 3 893 km auxquels s'ajoutent 136 km de routes nationales. Deux autoroutes traversent également le département pour un linéaire de 115 km.

En ce qui concerne le passage aux 90 km/h, le Conseil départemental travaille sur ce dossier depuis le 15 janvier 2019, date de l'annonce d'un assouplissement par le Président de la République lors de la première réunion du grand débat national qu'il avait lancé.

Comme de nombreux président de département, j'avais profondément regretté la méthode du Premier ministre qui avait imposé, sans concertation avec les principaux gestionnaires des routes de France, le passage de tout le réseau des routes bidirectionnelles sans séparateur à 80 km/h : chaque Président a à cœur d'assurer la sécurité des habitants de son territoire et le débat aurait été d'une autre nature si une réflexion commune avait été menée avec les conseils départementaux.

Fort de cette annonce, j'ai immédiatement demandé aux professionnels et experts de mes services de réaliser un travail minutieux, route par route, afin de déterminer quels axes pourraient repasser à 90 km/h. Cela a abouti à une première proposition sérieuse présentée à l'assemblée départementale en mai 2019, autour de 15 routes départementales structurantes et irriguant tout le territoire : ces 476 km sont les axes les plus empruntés et sécurisés […].

Dans le strict cadre de la loi d'orientation des mobilités, la commission départementale de la sécurité routière (CDSR) a été convoquée par Madame la Préfète de la Haute-Marne. La CDSR a eu lieu le 8 janvier dernier : l'Etat, majoritaire dans cette instance, a émis un avis défavorable pour 14 des 15 routes proposées sans qu'il soit possible de comprendre quel était le cheminement conduisant à ces rejets. Pour votre information trois semaines plus tard, l'avis global ne m'a toujours pas été envoyé officiellement.

Pour autant, depuis le 9 janvier 2020, les 15 axes proposés sont tous repassés à 90 km/h, dans le respect de la loi en vigueur.

Sachez que je ne compte pas m'arrêter là : les services du Conseil départemental étudient la possibilité de passer environ 500 autres kms de routes départementales. L'objectif est qu'à l'été 2020 nous ayons environ 1000 kms qui soient repassés à 90 km/h, soit un quart de notre réseau".