09/02/2014

Le nombre de tués sur les routes en janvier 2011 a augmenté de 21 % par rapport à la même période de l’an passé. Les lobbies autophobes y ont immédiatement vu la  conséquence du très récent assouplissement du permis à points. La Ligue de Défense des Conducteurs dénonce cette interprétation qui relève de la manipulation et de la désinformation.

1. Une augmentation de 21 %  ne saurait être emblématique d’un relâchement des conducteurs.

Les variations, d'une année sur l'autre, du nombre de tués pour un mois donné ne sont pas linéaires. Tous les ans, on observe au moins une hausse ou une baisse « exceptionnelle ».
Ainsi, en 2010 :   - 19 % en juin (par rapport à juin 2009) ; en 2009 : + 32 % en juin et + 15 % en septembre. En 2008 : - 22 % en septembre et + 20 % en octobre. Etc.
Et cela, bien sûr, en l'absence de tout changement du permis à points.

2. Il est absurde d'imputer une variation de janvier à un changement de loi qui a été définitivement adoptée le 8 février 2011.

3. On ne dispose pas encore de statistiques détaillées sur les causes des accidents mortels de janvier.

En l'absence de telles statistiques, il est tout simplement malhonnête d'imputer l'augmentation observée à un phénomène plus qu'à un autre : en l'occurrence, l'hypothétique changement de comportement des conducteurs, suite  à l'effet d'annonce sur l'assouplissement du permis à points.

Cette récupération surfe de façon macabre sur la mortalité routière. Mois après mois, Il y aura toujours des variations heureuses ou funestes, excepté si l’on envisage de façon constructive les problèmes de sécurité routière.

Dans l’arsenal de mesures positives, par exemple, la Ligue de Défense des Conducteurs milite en faveur d’une réforme des stages de récupération de points. L’association prône la mise en place de stages de conduite préventive sur piste. Moins théoriques et beaucoup plus pragmatiques, ces stages permettent l’acquisition de réflexes d’anticipation et de prudence qui ont déjà fait leur preuve chez les jeunes conducteurs autrichiens avec une diminution de 30% des sinistres.

En focalisant sur un événement statistique, cette tentative de récupération fournit au gouvernement un alibi idéal pour intensifier une répression aveugle. La grande enquête nationale conduite par la Ligue de Défense des Conducteurs en 2010, auprès de 82 000 « conducteurs responsables » révèle qu’à 84 % d’entre eux, ils jugent « trop répressive » la politique de sécurité routière. Tous ne sont pas des délinquants de la route.

 Il est trop facile d’entonner une rengaine répressive, à l’aune d’une statistique mensuelle. En revanche, il est criminel de ne pas envisager sagement une politique de sécurité routière responsable.

Communiqué : 9 février 2011