16/10/2020

En annexe du Projet de loi des finances 2021, le gouvernement a détaillé ses objectifs en matière de « dispositifs de sécurité routière » : 4 700 radars guetteront les automobilistes sur les routes, d’ici à décembre 2021. Parmi eux, 450 « voitures radars »… dont 223 seront conduites par des chauffeurs privés. Soit six fois plus qu’en 2020, a calculé la Ligue de Défense des Conducteurs !

 

A fin juin 2020, les voitures radars privatisées n’étaient « que » 40 à circuler dans les premières régions où elles ont été déployées, à savoir la Normandie, la Bretagne, les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire. A fin 2021, elles seront 223 et rouleront partout en France.

Cette nouvelle, si elle n’est pas une surprise – depuis 2018, l’Etat a engagé un processus de « délégation » de la conduite des voitures radars à des chauffeurs salariés d’entreprises privées –, n’en réactive pas moins le ressentiment des conducteurs vis-à-vis d’une politique de la rentabilité par la répression routière.

La preuve par les chiffres : entre janvier et juin 2020, ces 40 voitures radars privatisées, qui représentaient alors moins de 10 % des véhicules affectés au contrôle « mobile mobile » (leur nombre total était de 402), comptaient déjà pour un tiers des heures de contrôle, car elles circulent en moyenne 5 h 30 par jour, contre 1 h 45 pour celles qui sont conduites par des représentants des forces de l’ordre.

Ce n’était donc qu’un début, puisque d’ici à fin 2021, leur nombre sera presque multiplié par six. Soit 223 véhicules conduits par des chauffeurs privés, sur un parc total lui aussi revu à la hausse, puisqu’il sera passé à 450 voitures radars (+ 12 %) ! A terme, plus aucun gendarme ou policier ne procédera d’ailleurs à ces contrôles, lesquels seront entièrement dévolus à des salariés uniquement payés pour conduire. Ce qui réduira la mission de sécurité routière de ces dispositifs mobiles à… strictement rien.

La Ligue de Défense des Conducteurs déplore que les efforts du gouvernement ne se concentrent pas sur une véritable politique de sécurité routière, où la prévention primerait sur la répression. Les voitures radars privatisées ne feront jamais diminuer l’accidentologie, ne feront qu’occasionner une nouvelle source de stress pour les automobilistes et ne boucheront jamais les nids-de-poule.

Le seul objectif de ce nouveau fléau des routes est de piéger les conducteurs.

 

Dans le détail, le parc de 4 700 radars se décomposera comme suit, au 31 décembre 2021* :

  • 1 000 radars fixes (dispositifs de contrôle du respect des vitesses limites autorisées) ;
  • 400 radars discriminants (radars fixes permettant de distinguer les vitesses des véhicules légers de celle des poids lourds) ;
  • 450 radars mobiles « embarqués/débarqués » (dispositifs de contrôle embarqués dans des véhicules mis à disposition des forces de l’ordre, et permettant des contrôles en mode embarqué ou débarqué, véhicule à l’arrêt) ;
  • 450 voitures radars sont déployées. Il est prévu que la conduite de 223 de ces voitures radars soit externalisée.
  • 250 radars autonomes, jusqu’à présent appelés radars chantiers (radars semi-fixes destinés à assurer un contrôle des vitesses dans les zones de chantier ou de danger temporaire) ;
  • 72 radars vitesse moyenne, aussi appelés radars tronçons (radars permettant de mesurer la vitesse moyenne d’un véhicule sur un tronçon de route de plusieurs kilomètres) ;
  • 300 radars feux rouges (radars permettant de sanctionner les franchissements illicites de feux tricolores) ;
  • 78 radars passages à niveau (radars permettant de sanctionner les franchissements illicites de passages à niveau) ;
  • 1200 radars tourelles (le dispositif de contrôle est installé dans une tourelle fixe afin de contrôler le franchissement feux rouges, la vitesse ou le franchissement des passages à niveau, et sera régulièrement déplacé).
  • 500 radars urbains (le dispositif de contrôle est installé dans une tourelle fixe afin de contrôler le franchissement feux rouges, la vitesse, et sera régulièrement déplacé).

*Source : Annexe au Projet de loi de finances 2021, Programme 751, Structures et dispositifs de sécurité routière.

Pour contacter la Ligue de Défense des Conducteurs :

Alexandra Legendre, responsable Pôle Études et Communication alexandra.legendre@liguedesconducteurs.org

01 43 95 43 00 / 06 37 85 26 06