21/11/2017

Après une période de deux ans, l’expérimentation de la limitation de vitesse à 80 km/h au lieu de 90 km/h sur trois itinéraires est désormais censée être achevée. Pourtant, la limitation à 80 km/h perdure. L’absence totale de communication autour des résultats du test laisse sceptique sur l’efficacité de la mesure, et interroge sur les suites que le gouvernement prévoit d’y apporter.

La limitation à 80 km/h sur les trois tronçons de routes dont la RN 151 dans l’Yonne et la Nièvre a débuté le 1er juillet 2015. A cette époque, l’Etat avait pris la décision de maintenir le test pendant deux ans. Bien que le délai soit dépassé depuis le mois de juillet 2017, rien ne permet toujours de savoir si le test est maintenu pour l’avenir. Le CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), chargé d’étudier l’impact sur la sécurité routière de la limitation de vitesse à 80 km/h sur la RN151, la RN7 et la RN57 n’a, en effet, toujours pas donné suite à l’expérimentation.

Étonnant, lorsqu’on observe l’habituelle rapidité des autorités à communiquer sur la soi-disant efficacité de leurs mesures de répression !

Aucune décision n’a donc été prise quant à la suite de cette expérimentation. Malgré tout, les panneaux de limitation de vitesse à 80 km/h demeurent sur les bords des tronçons concernés.

Outre le flou qui entoure cette expérimentation, qui laisse planer le doute sur l’efficacité d’une telle mesure, le maintien des panneaux et le silence du gouvernement laisse ainsi craindre une pérennisation de l’abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h sur la zone de soi-disant « test », avant sa généralisation progressive à l’ensemble des routes départementales et nationales.

Or, cette limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes départementales et nationales, au mieux inutile, peut même s’avérer contre-productive en matière de sécurité :  en effet, cette baisse de limitation de vitesse rend certains dépassements, notamment de camions, dangereux ou impossibles, les poids lourds étant eux-mêmes limités à 80 km/h.

Cette mesure autophobe risque pourtant bel et bien de voir le jour, notamment à l’occasion du prochain comité interministériel de la sécurité routière, qui devrait se réunir d’ici à la fin de l’année sous l’égide du ministre de l’intérieur.

Cette baisse de la limitation de vitesse n’ayant pour d’autre but que d’augmenter le nombre de flashs sans faire baisser le nombre d’accidents, la Ligue de Défense des Conducteurs, forte des 1,5 million de signatures à sa pétition « Non à la baisse des limitations de vitesse », reste fermement opposée, tout comme depuis le début de cette expérimentation, à toute tentative du gouvernement d’abaisser la limitation de vitesse sur route à 80 km/h.