31/03/2014

 

Entrée en vigueur ce vendredi 10 janvier, l’abaissement de la vitesse autorisée sur le périphérique parisien de 80 à 70 km/h est très largement contestée par les citoyens comme dans la presse. Trop, c’est trop : l’exaspération est perceptible, et l’obsession anti-vitesse semble bel et bien avoir atteint ses limites.

10-01-2014 Periph 70 km-h reac presse

Article paru sur Caradisiac.com le 07 janvier. (capture d'écran)

Les nouveaux panneaux viennent à peine d’être installés que déjà la presse se montre, tout comme une grande majorité des Franciliens, très critique envers l’abaissement de la limitation de vitesse sur le périph’.

Une mesure impopulaire…

Selon un sondage Ifop-Fiducial paru dans le JDD dès septembre dernier, six Parisiens sur dix sont opposés à ce que la vitesse maximum autorisée baisse de 80 à 70 km/h sur le périphérique. Idem pour le sondage proposé par Challenges sur son site Internet, dont les quelque 1 300 répondants sont 73,4 % à se dire opposés à cette mesure : parmi eux, 35 % parlent d’une « aberration » et 38,5 % estiment qu’il s’agit d’une décision « dont la vraie raison est financière : les radars vont crépiter ». Des sondages similaires, proposés par RTL et Direct Matin, placent eux aussi le non largement en tête, avec environ 60 % des réponses.

Inefficace…

Mais les médias sont eux aussi légion à remettre en cause l’efficacité de la mesure en matière de réduction du bruit, de pollution et d’accidents.
L’article « Ralentissement sur le périph » paru sur le site du journal Libération souligne ainsi que la réduction de la vitesse sur le périphérique n’apporte « pas de perspective d’amélioration de la qualité de l’air "sur l’ensemble de l’agglomération parisienne", précise Airparif. "Que les voitures roulent à 50, 70 ou 80 km/h, elles polluent de la même manière", explique un ingénieur de PSA ».
Plus loin, l’article s’attaque à l’argument du bruit émis par le périph (qui devrait être réduit d’environ un décibel) en citant la directrice de Bruiparif, l’observatoire du bruit en Ile-de-France, selon laquelle « l’oreille humaine ne perçoit pas cela de la même façon. Ce n’est qu’à partir de 3 décibels que l’on commence à sentir qu’il y a moins de bruit ». Autonews rappelle également que la mesure « ne devrait influer que très marginalement sur les émissions polluantes ».
D’autres titres de presse s’attaquent au coût économique de la mesure, évalué à 100 millions d’euros selon l’économiste Rémy Prud'homme, interrogé par Le Parisien. Une information reprise (entre autres) par Le Figaro ou encore le site Atlantico.

…Et injuste !

« 70 km/h sur le périphérique : seuls les radars y trouveront leur compte » résume un article du site Caradisiac, selon lequel « l’enfer est pavé de bonnes intentions et sur le bitume gronde la colère […] la mesure n'apportera rien à la planète ni aux indicateurs de la mortalité sur nos routes. En revanche, pour les radars, c'est tout bon ».
« Périphérique à 70km/h : les radars sont prêts ! » titre d’ailleurs Europe 1 sur son site Internet, rappelant que les radars, qui se sont multipliés sur le périph, sont actifs à 70 km/h depuis ce vendredi matin « alors qu'il était question de laisser aux automobilistes un délai pour adapter leur conduite. Il n'en est finalement rien : les automobilistes franciliens ont intérêt à être vigilants tout de suite. »

« Sans aucun fondement, la réduction de vitesse sur le boulevard de ceinture n'est qu'une avanie supplémentaire pour l'automobile qui n'en avait nul besoin » estime de son côté Jacques Chevalier sur le blog Auto Addict du site de l’hebdomadaire Le Point… Pas de doute : la grogne monte !