15/12/2020

Comme prévu, les voitures radars privatisées débarquent. Elles couvriront ainsi, début 2021, deux tiers de la France. Sur une telle surface, leur furtivité, leur nombre en forte hausse et la multiplication des heures d’utilisation quotidienne par rapport à celles des forces de l’ordre se traduiront par une pluie de procès-verbaux. De quoi ouvrir l’œil.

 

 

Vous les avez déjà sûrement en tête, ces voitures banalisées qui, fondues dans la circulation, contrôlent la vitesse et fabriquent du PV incognito, avec leur flash infra-rouge. À bord, pas d’uniforme, mais un employé du secteur privé qui roule à toute heure, quel que soit le jour de la semaine.

Le 1er juin 2020, 402 voitures radars étaient déjà opérationnelles, dont 40 conduites par ces chauffeurs privés. Le Projet de loi de finances pour 2021 porte leur quantité à 450, d’ici la fin de l’année 2021. Mais cette fois, ce seront 223 véhicules qui verront leur utilisation privatisée [1] ! C’est en effet l’objectif initial du gouvernement : permettre aux policiers et gendarmes, auparavant à leur volant, de se consacrer à d’autres missions de maintien de l’ordre.

 

Une privatisation qui s’accélère

Premières régions touchées, la Normandie en 2018, suivie de la Bretagne en 2020. La contagion touche les Pays-de-la-Loire dans la foulée. Pour l’année qui vient, le programme est chargé, avec d’abord le Centre-Val de Loire. À partir du 4 janvier 2021, 20 voitures radars privatisées y rouleront sans vergogne. Dans le Grand Est, à la même période, commenceront à circuler 40 véhicules de contrôle, chiffre qui a vocation à rester stable après leur « privatisation ».

Au fil des mois, en 2021, les trois régions suivantes viendront étoffer les rangs du contrôle tous azimuts : la Bourgogne-Franche-Comté, les Hauts-de-France et la Nouvelle-Aquitaine. Les cinq régions restantes, encore épargnées par la privatisation, la subiront ensuite, vraisemblablement vers la fin de 2021 ou en 2022.

 

Le signal est donc clair : la politique du tout radar bat son plein, quelles que soient les circonstances. À partir du moment où les employés de sociétés qui font tourner ces machines à PV n’ont vocation qu’à conduire et non à faire cesser les comportements dangereux par une interception, la Ligue de Défense des Conducteurs réitère son opposition à ce processus de privatisation.

 

[1] Budget général, mission interministérielle, projets annuels de performances, annexe au projet de loi de finances pour 2021, Programme 751, Structures et dispositifs de sécurité routière, octobre 2019, p. 18