Sécurité routière : l’entretien des routes doit passer avant l’entretien des radars

Paris, le 26 octobre 2021 – Dans le Projet de loi de finances 2022, le gouvernement prévoit près de 192 millions d’euros pour acquérir et entretenir les radars. Un budget qui devrait être consacré à l’amélioration de l’état des routes, selon l’amendement déposé le 8 octobre par Pierre Cordier. Le député des Ardennes, activement soutenu par la Ligue de Défense des Conducteurs, pointe ainsi du doigt le déséquilibre flagrant entre les mesures de sécurité routière liées à la vitesse et les efforts portés sur les autres facteurs d’accident, en particulier la dégradation de l’infrastructure.

« La politique de sécurité routière consiste principalement à sanctionner la vitesse, déplore Pierre Cordier. Dans le Projet de loi de finances 2022, rien de nouveau sous le soleil : le gouvernement prévoit près de 192 millions d’euros pour rénover et acheter des radars, mais pas une ligne sur le budget consacré aux autres facteurs d’accidents de la route… C’est pourquoi j’ai déposé un amendement demandant le report de cette somme à l’entretien du réseau routier. Car sa dégradation est flagrante et il me semble plus urgent de combler des nids-de-poule et refaire le marquage au sol pour améliorer la sécurité routière, que pourchasser le moindre kilomètre-heure supérieur à la limitation ».

L’amendement de Pierre Cordier (à retrouver dans son intégralité en annexe) apparait particulièrement pertinent à la Ligue de Défense des Conducteurs, auteure d’une étude en 2020 intitulée « Dégradation des routes en France : il est urgent d’agir ». L’association gère aussi le site de signalement de zones dangereuses Activ’Route (www.activroute.org), accumulant les témoignages sur le terrain de la détérioration de la situation. Nathalie Troussard, sa secrétaire générale, rappelle : « L’infrastructure routière est mise en cause dans 26 % des accidents mortels, selon l’Observatoire de la Sécurité routière. Or, des années de sous-investissement ont fait dégringoler la France au classement du Forum économique mondial consacré à la qualité des infrastructures routières. Premier en 2008, notre pays arrive en 18e position en 2019… »

En juillet 2020, Pierre Cordier avait d’ailleurs adressé un courrier au Président Emmanuel Macron, lui demandant d’inclure la réparation des routes au programme de relance économique post-Covid. Une lettre restée sans réponse malheureusement, alors que son argumentation était infaillible : sachant qu'un euro non investi dans l'entretien aujourd'hui peut engendrer plus de dix euros de dépenses dans les années à venir, les travaux entrepris auraient un impact non négligeable sur l'économie à moyen et long terme des territoires, tout en procurant de l'emploi pour leur réalisation… 

 

« Cet amendement est un signal fort au gouvernement, pour l’alerter sur la disproportion des investissements en matière de répression routière, focalisés sur la vitesse, souligne le député des Ardennes. Alors qu’il y a d’autres urgences pour améliorer la sécurité routière. L’actuel déploiement des voitures-radars privatisées en France (223 à fin 2021, 450 à terme) est la concrétisation la plus caricaturale du dévoiement de cette politique basée sur la sanction : conduites par des chauffeurs salariés d’entreprises privées, elles se fondent anonymement dans la circulation, pour piéger le moindre kilomètre-heure supérieur à la limitation, créant ainsi un stress inutile pour les conducteurs. Or, je préfère que ces derniers restent concentrés sur l’anticipation des risques plutôt que sur la crainte de croiser ou de doubler l’un de ces véhicules… » Pierre Cordier a même déposé une proposition de loi cet été, pour que ces voitures banalisées soient signalées. Soixante autres députés s’étaient joints à sa démarche… sans pour autant que cette initiative parvienne à être débattue dans l’hémicycle.

 

La Ligue de Défense des Conducteurs, dont la pétition « Marre des radars » a dépassé les 150 000 signataires, ne perd pas espoir : « Nous remonterons au créneau avec la prochaine législature, après l’élection présidentielle de 2022 », promet Nathalie Troussard. Pour l’heure, priorité est donnée à l’amendement de Pierre Cordier, demandant que les 192 millions d’euros alloués aux radars soient plutôt consacrés à la réparation des routes. Un transfert de budget infiniment plus vertueux pour la sécurité routière… car il profite à tous.

Pour nous contacter :

Pierre Cordier, Député des Ardennes :

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Ligue de Défense des Conducteurs, association Loi 1901 (www.liguedesconducteurs.org)

Nathalie Troussard, secrétaire générale :

01 43 95 43 03 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Alexandra Legendre, responsable Pôle Études et Communication :

01 43 95 43 00 / 06 37 85 26 06 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.